Qu’est-ce qu’un art de vivre ?

Pour la constitution d’un objet historique et anthropologique Il est des mots que l’usage a si bien polis qu’on croit n’avoir plus rien à en apprendre, et c’est justement de ceux-là qu’il faut se méfier le plus. « Art de vivre » est de cette espèce. On le prononce sans hésiter, on l’attache à une…

Le vin à la bouche c’est aussi un livre

Et si on arrêtait de faire semblant ? Combien de fois ai-je vu, en salle, des gestes répétés sans y croire ? Des mots lancés comme on lance une incantation, sans savoir ce qu’ils recouvrent vraiment. « Robe rubis », « arômes tertiaires », « attaque franche ». Un vocabulaire de prêt-à-parler, qui rassure — mais ne dit plus rien. Le…

Vivre un moment avec le vin – œnotourisme et l’art de vivre à la française

Douze millions d’œnotouristes ont parcouru les vignobles français en 2023, alors même que le vin s’éloigne de la vie quotidienne d’une partie croissante des Français. Ce contraste invite à poser autrement la question de l’accueil. À partir de son expérience de Tannay et d’une recherche sur l’art de vivre à la française, Cyril Brun propose de passer d’un tourisme organisé autour du vin à des moments vécus avec lui. Il examine l’ajustement, l’apéritif, la transmission et l’hospitalité viticole, puis présente le protocole d’enquête qui permettra d’éprouver ces hypothèses sur le terrain.

Le whisky à l’apéritif, ou l’art de vivre à la française en constante adaptation.

« Vous prendrez bien un whisky ? » La question paraît si familière que nous avons oublié ce qu’elle contient d’étranger. Des importations multipliées par plus de six entre 1958 et 1962 jusqu’au baromètre Ipsos de 2018, cet article suit l’entrée d’une boisson écossaise dans un moment que la France a fait sien, et y lit une manière de comprendre comment l’art de vivre à la française se renouvelle sans perdre ce qui l’anime.

La Bourgogne se croyait protégée – Le recul du vin rouge la rejoint.

Sur les douze mois arrêtés à fin juillet 2026, les ventes de vins rouges de Bourgogne reculent de 4,9 % quand celles des blancs gagnent 0,4 % et celles du Crémant 6,5 %. Le Comité des vins de Bourgogne l’a reconnu à Beaune le 23 septembre, et le repli touche jusqu’aux grands crus de Côte-d’Or, dont les ventes baissent d’environ 12 % toutes couleurs confondues. Entre petites récoltes, pouvoir d’achat contraint, essor du Crémant à l’export et recherche de nouveaux consommateurs, la Bourgogne découvre que sa réputation ne suffit plus à la tenir à l’écart.

Le vin Californien en crise lui aussi

En Californie, premier État viticole des États-Unis, des producteurs arrachent des vignes encore productives faute d’acheteurs. Ventes en recul de plus de 20 % en cinq ans selon l’Associated Press, données Silicon Valley Bank et OIV à l’appui, cet article montre que la crise du vin californien annonce un ajustement mondial de la production face à une consommation durablement plus faible.

Le dernier moment – Petite histoire raisonnée des gestes de la table française

La table française a toujours cherché à retarder l’acte dernier, celui qui place le mets devant le convive à son point. De la sole levée au guéridon au vol-au-vent garni au dernier moment, de la présentation de la bouteille à la place du couteau, cette petite histoire raisonnée éclaire l’origine et la fonction des gestes du service et de la table.

Le client américain à la table française –

Comment le client américain aborde la table française, entre habitudes forgées par la restauration américaine, attentes de clarté et de fiabilité, culture du pourboire, recherche de gastronomie et de vin, et ce que les maisons françaises peuvent améliorer pour transmettre leur art de recevoir sans se renier.

L’art de vivre à la française

La recherche conduite sous le titre *L’Héritage silencieux* prend pour objet l’art de vivre à la française, considéré comme une configuration historique et anthropologique où s’accordent des pratiques, des dispositions incorporées, des rythmes, des relations, des lieux et des formes matérielles. Elle avance par une méthode inductive, nourrie de l’étude des héritages européens et méditerranéens, de l’analyse du regard que les étrangers ont porté sur la France et de l’observation des transformations contemporaines. Deux acquis s’en dégagent déjà. L’art de vivre peut être constitué comme un objet scientifique propre, et les témoignages étrangers attestent, à travers les siècles, la perception durable d’une manière française. Cinq catégories heuristiques organisent provisoirement les convergences observées.
Deux hypothèses orientent la suite du travail. La première rapporte cette manière à une composition particulière d’héritages largement partagés. La seconde reconnaît dans l’ajustement le principe vivant qui accorde les formes aux circonstances et porte leur continuité à travers le temps.

Éduquer au goût : une certaine idée de l’homme

L’éducation au goût comme anthropologie de l’art de vivre à la française Depuis quelques années, l’expression « éduquer au goût » prend corps dans le monde scolaire mais aussi gastronomique. On la rencontre dans les écoles, au sein des politiques alimentaires, parmi les professionnels de la restauration, chez les producteurs et dans les associations. On…

Ce que l’histoire du dressage raconte de notre manière d’habiter le monde

On ne présente pas la nourriture de la même façon selon que l’on veut manifester l’abondance, ordonner une société autour d’une table, célébrer la maîtrise technique du cuisinier, mettre en valeur un produit ou inviter celui qui mange à s’arrêter devant lui. Cette proposition pourrait sembler donner au dressage une importance démesurée. Après tout, une…

Une salle pleine ne suffit pas

Pourquoi un restaurant ne fonctionne-t-il pas, même lorsque tout semble en place ? À partir d’une scène de salle pleine mais sans dynamique, cet article propose une lecture concrète des problèmes de fréquentation, de ticket moyen et d’efficacité des équipes. Il montre pourquoi ces difficultés ne relèvent pas d’abord de la vente ou de la communication, mais d’un manque de cohérence entre l’expérience proposée et ce que le lieu est réellement capable de porter.

Le goût d’un monde qui disparaît — ce que le réchauffement fait aux vins français

Le réchauffement climatique ne menace pas seulement les rendements du vignoble français — il remet en cause l’identité même de ses vins, verre après verre, millésime après millésime. Entre 1980 et 2020, le degré moyen des vins français est passé de 11,5 % à près de 13 %, tandis que l’acidité s’effondrait. Région par région — Alsace, Champagne, Bourgogne, Bordeaux, vallée du Rhône, Loire, Jura, Languedoc, Sud-Ouest — le profil organoleptique des vins se déplace : du fruit frais vers le fruit confit, de la tension vers la rondeur, de la garde vers la consommation rapide. Les cahiers des charges des appellations, rédigés dans un autre contexte climatique, encodent une typicité que la nature ne produit plus tout à fait. Le cas Gevrey-Chambertin cristallise la question : un vin peut respecter scrupuleusement son cahier des charges et ne plus ressembler à ce que le texte décrit. Face à cela, les VIFA, la redélimitation des aires et l’introduction de nouveaux cépages dessinent une adaptation silencieuse dont les conséquences organoleptiques se feront sentir dans vingt ans. Ce dossier sourcé — INRAE, LACCAVE, Nature Climate Change, BIVB, INAO — explore ce que le réchauffement fait déjà au goût des vins français, ce que la filière entreprend pour y répondre, et ce que le mot terroir voudra dire en 2050.

La Bourgogne à la corbeille ? Investisseurs financiers et domaines familiaux : l’heure de vérité

La Bourgogne viticole traverse une transformation silencieuse mais profonde : les investisseurs financiers — fonds patrimoniaux, groupes de luxe, family offices — entrent sur le foncier de la Côte d’Or à des niveaux de prix que nulle rentabilité agricole ne justifie. Entre les 101 millions d’euros du Clos des Lambrays acquis par LVMH, les 250 millions du Clos de Tart passé dans le portefeuille Artémis-Pinault, et les 15,5 millions d’un hectare d’Aloxe-Corton revendu en 2025, une question s’impose : la prochaine génération de vignerons pourra-t-elle encore s’installer et transmettre comme des propriétaires — ou sera-t-elle réduite à exploiter sous bail des terres appartenant à des structures indifférentes au vin ? Une analyse documentée, qui ne cède ni à l’indignation de principe ni aux dénégations intéressées.

Les vertus de la fondue vigneronne

Une terrasse ombrée à Beaune, une bise légère après trente-cinq degrés, deux fondues face à face — la bourguignonne et la vigneronne — et un Hautes-Côtes de Nuits pour les départager. Chronique d’un soir de mai où le vin et la viande ont trouvé leur accord naturel.

Ce que le corps garde en mémoire — Aliments, dette corporelle et restitution

Il y a une comptabilité silencieuse que le corps tient seul. Les excès de table, la chaleur, l’alcool bu avec plaisir — tout cela s’accumule et se dépose quelque part. Cet article ne propose ni régime ni protocole de détox, mais une intelligence alimentaire concrète : quels aliments prendre en continu pour l’entretien de fond, lesquels mobiliser après un excès pour accélérer la récupération, et lesquels consommer avant une soirée généreuse pour préparer le terrain. Avec, pour chacun, le mécanisme précis qui explique pourquoi ça fonctionn