Douze millions d’œnotouristes ont parcouru les vignobles français en 2023, alors même que le vin s’éloigne de la vie quotidienne d’une partie croissante des Français. Ce contraste invite à poser autrement la question de l’accueil. À partir de son expérience de Tannay et d’une recherche sur l’art de vivre à la française, Cyril Brun propose de passer d’un tourisme organisé autour du vin à des moments vécus avec lui. Il examine l’ajustement, l’apéritif, la transmission et l’hospitalité viticole, puis présente le protocole d’enquête qui permettra d’éprouver ces hypothèses sur le terrain.
Catégorie : formation
Bordeaux, le vin qui avait trop bien appris à attendre
Bordeaux a bâti sa grandeur sur le temps, la garde, les primeurs et le rang de 1855, quand le vin se boit désormais au présent. Une lecture historique de la crise du plus célèbre vignoble du monde.
Vendanges 2026, la France récolte moins de raisins mais espère de grands vins
Avec 34,9 millions d’hectolitres, la France vit l’une de ses plus petites vendanges depuis des décennies, mais des raisins sains laissent espérer de grands vins.
Le whisky à l’apéritif, ou l’art de vivre à la française en constante adaptation.
« Vous prendrez bien un whisky ? » La question paraît si familière que nous avons oublié ce qu’elle contient d’étranger. Des importations multipliées par plus de six entre 1958 et 1962 jusqu’au baromètre Ipsos de 2018, cet article suit l’entrée d’une boisson écossaise dans un moment que la France a fait sien, et y lit une manière de comprendre comment l’art de vivre à la française se renouvelle sans perdre ce qui l’anime.
La Bourgogne se croyait protégée – Le recul du vin rouge la rejoint.
Sur les douze mois arrêtés à fin juillet 2026, les ventes de vins rouges de Bourgogne reculent de 4,9 % quand celles des blancs gagnent 0,4 % et celles du Crémant 6,5 %. Le Comité des vins de Bourgogne l’a reconnu à Beaune le 23 septembre, et le repli touche jusqu’aux grands crus de Côte-d’Or, dont les ventes baissent d’environ 12 % toutes couleurs confondues. Entre petites récoltes, pouvoir d’achat contraint, essor du Crémant à l’export et recherche de nouveaux consommateurs, la Bourgogne découvre que sa réputation ne suffit plus à la tenir à l’écart.
Le vin Californien en crise lui aussi
En Californie, premier État viticole des États-Unis, des producteurs arrachent des vignes encore productives faute d’acheteurs. Ventes en recul de plus de 20 % en cinq ans selon l’Associated Press, données Silicon Valley Bank et OIV à l’appui, cet article montre que la crise du vin californien annonce un ajustement mondial de la production face à une consommation durablement plus faible.
Le dernier moment – Petite histoire raisonnée des gestes de la table française
La table française a toujours cherché à retarder l’acte dernier, celui qui place le mets devant le convive à son point. De la sole levée au guéridon au vol-au-vent garni au dernier moment, de la présentation de la bouteille à la place du couteau, cette petite histoire raisonnée éclaire l’origine et la fonction des gestes du service et de la table.
Le client américain à la table française –
Comment le client américain aborde la table française, entre habitudes forgées par la restauration américaine, attentes de clarté et de fiabilité, culture du pourboire, recherche de gastronomie et de vin, et ce que les maisons françaises peuvent améliorer pour transmettre leur art de recevoir sans se renier.
L’art de vivre à la française
La recherche conduite sous le titre *L’Héritage silencieux* prend pour objet l’art de vivre à la française, considéré comme une configuration historique et anthropologique où s’accordent des pratiques, des dispositions incorporées, des rythmes, des relations, des lieux et des formes matérielles. Elle avance par une méthode inductive, nourrie de l’étude des héritages européens et méditerranéens, de l’analyse du regard que les étrangers ont porté sur la France et de l’observation des transformations contemporaines. Deux acquis s’en dégagent déjà. L’art de vivre peut être constitué comme un objet scientifique propre, et les témoignages étrangers attestent, à travers les siècles, la perception durable d’une manière française. Cinq catégories heuristiques organisent provisoirement les convergences observées.
Deux hypothèses orientent la suite du travail. La première rapporte cette manière à une composition particulière d’héritages largement partagés. La seconde reconnaît dans l’ajustement le principe vivant qui accorde les formes aux circonstances et porte leur continuité à travers le temps.
L’art de vivre à la française ne se réduit ni au luxe, ni à la gastronomie, ni à l’hôtellerie
Un essai qui conteste la réduction de l’art de vivre à la française au luxe, à la gastronomie et à l’hôtellerie, pour montrer qu’il s’agit avant tout d’une intelligence de la juste manière, celle qui accorde une personne, un lieu et un moment, et qui se retrouve aussi bien dans un palace que dans un marché du samedi matin.
Cyril Brun, docteur en sciences humaines et histoire, professeur d’art de vivre à la française
Bonjour à vous qui passez sur ce site, Une présentation s’impose pour comprendre l’unité d’un parcours que d’aucun pouvoir voir comme dispersé. Docteur en sciences humaines et en histoire, chercheur en antropologie et histoire de l’art de vivre à la française, je suis membre du GrHIs de l’université de Rouen, jury au Tastevinage du clos…
Qu’est-ce qu’un art de vivre ?
Pour la constitution d’un objet historique et anthropologique Il est des mots que l’usage a si bien polis qu’on croit n’avoir plus rien à en apprendre, et c’est justement de ceux-là qu’il faut se méfier le plus. « Art de vivre » est de cette espèce. On le prononce sans hésiter, on l’attache à une…
Éduquer au goût : une certaine idée de l’homme
L’éducation au goût comme anthropologie de l’art de vivre à la française Depuis quelques années, l’expression « éduquer au goût » prend corps dans le monde scolaire mais aussi gastronomique. On la rencontre dans les écoles, au sein des politiques alimentaires, parmi les professionnels de la restauration, chez les producteurs et dans les associations. On…
Ce que l’histoire du dressage raconte de notre manière d’habiter le monde
On ne présente pas la nourriture de la même façon selon que l’on veut manifester l’abondance, ordonner une société autour d’une table, célébrer la maîtrise technique du cuisinier, mettre en valeur un produit ou inviter celui qui mange à s’arrêter devant lui. Cette proposition pourrait sembler donner au dressage une importance démesurée. Après tout, une…
Affinage des huîtres : comprendre les différences pour savoir les placer dans un repas
Affinage des huîtres, différences entre fines, spéciales et pousses en claire : comment les comprendre pour mieux les placer dans un repas et les utiliser en salle.
Le paprika et le vin — une épice qui mérite qu’on lui choisisse son verre
Le paprika, ou plutôt les paprikas, ont une influence sur les plats mais aussi sur le vin et les accords
Quelles sont les questions posées à l’IA pour choisir son restaurant ?
la sélection des restaurants à changé. Fini, ou presque, les moteurs de recherche. Maintenant c’est l’IA qui vous guide. Alors comment cea se traduit-il concrèrement ?
Maturités du raisin : ce que 2026 nous oblige à comprendre
Le rechauffement climatique pose de nombreux problèmes au millésime 2026. L’occasion de parler maturités
Une salle pleine ne suffit pas
Pourquoi un restaurant ne fonctionne-t-il pas, même lorsque tout semble en place ? À partir d’une scène de salle pleine mais sans dynamique, cet article propose une lecture concrète des problèmes de fréquentation, de ticket moyen et d’efficacité des équipes. Il montre pourquoi ces difficultés ne relèvent pas d’abord de la vente ou de la communication, mais d’un manque de cohérence entre l’expérience proposée et ce que le lieu est réellement capable de porter.
Les effets psychologiques de commander un menu par le prix
Quand les clients commande leur menu par son prix et non son intitulé, cela joue neurologiquement sur la perception de tout le repas
Le goût d’un monde qui disparaît — ce que le réchauffement fait aux vins français
Le réchauffement climatique ne menace pas seulement les rendements du vignoble français — il remet en cause l’identité même de ses vins, verre après verre, millésime après millésime. Entre 1980 et 2020, le degré moyen des vins français est passé de 11,5 % à près de 13 %, tandis que l’acidité s’effondrait. Région par région — Alsace, Champagne, Bourgogne, Bordeaux, vallée du Rhône, Loire, Jura, Languedoc, Sud-Ouest — le profil organoleptique des vins se déplace : du fruit frais vers le fruit confit, de la tension vers la rondeur, de la garde vers la consommation rapide. Les cahiers des charges des appellations, rédigés dans un autre contexte climatique, encodent une typicité que la nature ne produit plus tout à fait. Le cas Gevrey-Chambertin cristallise la question : un vin peut respecter scrupuleusement son cahier des charges et ne plus ressembler à ce que le texte décrit. Face à cela, les VIFA, la redélimitation des aires et l’introduction de nouveaux cépages dessinent une adaptation silencieuse dont les conséquences organoleptiques se feront sentir dans vingt ans. Ce dossier sourcé — INRAE, LACCAVE, Nature Climate Change, BIVB, INAO — explore ce que le réchauffement fait déjà au goût des vins français, ce que la filière entreprend pour y répondre, et ce que le mot terroir voudra dire en 2050.
La Bourgogne à la corbeille ? Investisseurs financiers et domaines familiaux : l’heure de vérité
La Bourgogne viticole traverse une transformation silencieuse mais profonde : les investisseurs financiers — fonds patrimoniaux, groupes de luxe, family offices — entrent sur le foncier de la Côte d’Or à des niveaux de prix que nulle rentabilité agricole ne justifie. Entre les 101 millions d’euros du Clos des Lambrays acquis par LVMH, les 250 millions du Clos de Tart passé dans le portefeuille Artémis-Pinault, et les 15,5 millions d’un hectare d’Aloxe-Corton revendu en 2025, une question s’impose : la prochaine génération de vignerons pourra-t-elle encore s’installer et transmettre comme des propriétaires — ou sera-t-elle réduite à exploiter sous bail des terres appartenant à des structures indifférentes au vin ? Une analyse documentée, qui ne cède ni à l’indignation de principe ni aux dénégations intéressées.
Les vertus de la fondue vigneronne
Une terrasse ombrée à Beaune, une bise légère après trente-cinq degrés, deux fondues face à face — la bourguignonne et la vigneronne — et un Hautes-Côtes de Nuits pour les départager. Chronique d’un soir de mai où le vin et la viande ont trouvé leur accord naturel.
Ce que le corps garde en mémoire — Aliments, dette corporelle et restitution
Il y a une comptabilité silencieuse que le corps tient seul. Les excès de table, la chaleur, l’alcool bu avec plaisir — tout cela s’accumule et se dépose quelque part. Cet article ne propose ni régime ni protocole de détox, mais une intelligence alimentaire concrète : quels aliments prendre en continu pour l’entretien de fond, lesquels mobiliser après un excès pour accélérer la récupération, et lesquels consommer avant une soirée généreuse pour préparer le terrain. Avec, pour chacun, le mécanisme précis qui explique pourquoi ça fonctionn
Les Grappes Michelin : une distinction de plus, ou une de trop ?
Le Guide Michelin s’attaque au vin avec ses nouvelles Grappes. Bonne idée ou fuite en avant d’une marque en crise ? Analyse critique par un sommelier.
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