Entre 1980 et 2020, le degré moyen des vins français a gagné un point et demi d’alcool. L’acidité a chuté dans le même mouvement. Ces deux chiffres ne décrivent pas une évolution technique : ils décrivent un autre vin, et avec lui, la disparition progressive de ce qui rendait le vignoble français irremplaçable. La tension des grands rieslings d’Alsace, la droiture des chambertin de grande année, la minéralité des chablis — autant de signatures sensorielles que le réchauffement efface lentement, millésime après millésime. Ce que les chercheurs de l’INRAE ont prédit pour 2050 est déjà en cours : des vins plus concentrés, plus alcooleux, moins acides, moins distincts les uns des autres. La France viticole, construite sur la promesse d’une irréductible diversité de terroirs, entre dans l’ère de la ressemblance. Cet article nomme ce que nous sommes en train de perdre — la tension, la diversité, la mémoire — et ce que l’uniformité qui s’annonce signifie pour un vignoble qui a mis des siècles à devenir ce qu’il est.
Étiquette : art de vivre
Vins sans alcool et vins légers : l’état des lieux en 2026, entre promesses tenues et questions qui demeurent
Il y a un an, j’écrivais ici que les vins sans alcool étaient une promesse technique encore inaboutie. En juin 2026, les chiffres ont basculé — 24 % des Français ont déjà consommé un no-low, +7 points en un an — et la filière a commencé à prendre le sujet au sérieux : jusqu’à Sauternes, où un Premier Grand Cru Classé de 1855 a osé la désalcoolisation. État des lieux complet d’un segment en mutation, entre progrès réels, questions techniques persistantes et interrogation de fond sur ce que le mot “vin” veut encore dire.
Amour et gastronomie une étonnante alchimie
Brillat-Savarin écrivait que l’on ne mange bien qu’entre gens qui s’aiment. Il croyait dire quelque chose de convivial. La neurologie contemporaine révèle qu’il disait quelque chose de physiologique — et que la grande table est, avant tout, une affaire d’état intérieur.
L’alimentation – anti depresseur puissant naturel
En plein été, certains jours le plaisir est là mais le désir s’est absenté. Ce que l’on nomme trop vite mélancolie ou dépression passagère est souvent un état neurobiologique précis, silencieux, directement lié à ce que le cerveau n’a pas reçu. Cet article explore le lien entre neurologie, alimentation et qualité des états intérieurs — et montre que la réponse n’est ni pharmaceutique ni ascétique, mais gastronomique.
La dette corporelle — ce que le corps du dirigeant accumule en silence
Un dirigeant ne tombe pas malade. Il tient, il performe, il est là — jusqu’au jour où il réalise qu’il ne récupère plus vraiment. Ce phénomène a un nom et un mécanisme précis : la dette corporelle. Cet article en décrit le fonctionnement physiologique, les signes précoces que l’on attribue à l’âge ou au stress, et les leviers concrets pour retrouver une récupération réelle sans renoncer à une vie intense.
Distillerie Guy – Pontarlier – Quarante-neuf plantes. Ou l’adresse d’un génie.
Dans les milieux bien informés, on murmure que le Pontarlier-Anis de la distillerie Guy contiendrait quarante-neuf plantes. Le chiffre impressionne. Il est aussi le numéro de leur rue. Chronique sur une maison centenaire, un spiritueux de caractère, et la fascination sincère qu’il inspire depuis 1890.
Ce que l’été change à la dette corporelle de l’alcool
L’été ne supprime pas la dette corporelle de l’alcool — il la rend invisible. Chaleur, repas allégés, terrasses prolongées en plein soleil : le corps encaisse sans signaler, jusqu’à ce que la fatigue diffuse du soir devienne inexplicable. Cet article décrypte ce que la saison chaude change dans la façon dont l’alcool opère, et propose des ajustements concrets — avant, pendant, après — pour les bons vivants qui ne souhaitent pas renoncer mais entendent comprendre ce qu’ils doivent rembourser.
Le Pontarlier, ou la vertu des pauses
Par 32 degrés, un dimanche de Pentecôte, une pause cycliste et un verre de Pontarlier — chronique sur un anisé de montagne, héritier discret d’une absinthe interdite en 1915.
Extrait : Il est des après-midis de juin où la chaleur cesse d’être une circonstance pour devenir une présence — et c’est dans l’un de ces après-midis-là qu’un verre de Pontarlier m’a rappelé ce que Brillat-Savarin savait mieux que personne.
Dresser le couteau à poisson à la française ?
Une vraie bonne question ! Le dressage d’une table à la française dans un restaurant français est, vous le savez, mon toc ! N’ayant jamais compris cette capitulation au coeur de l’art de vivre à la française face à l’anglois … Sachant cela une jeune en alternance m’a demandé hier comment dresser ma table avec…
En gastronomie le serveur a aussi un rôle de transmission
Gastronomie et conservatoire d’art de vivre à la française ! Vous seriez surpris de voir comment j’en suis arrivé à poser ainsi la question de ce post. Dans un 5 étoiles au service efficace, je notais, désolé, que les détails qui font l’élégance du service étaient négligés. Comme partout… on se facilite la tâche au…