La Bourgogne se croyait protégée – Le recul du vin rouge la rejoint.

Sur les douze mois arrêtés à fin juillet 2026, les ventes de vins rouges de Bourgogne reculent de 4,9 % quand celles des blancs gagnent 0,4 % et celles du Crémant 6,5 %. Le Comité des vins de Bourgogne l’a reconnu à Beaune le 23 septembre, et le repli touche jusqu’aux grands crus de Côte-d’Or, dont les ventes baissent d’environ 12 % toutes couleurs confondues. Entre petites récoltes, pouvoir d’achat contraint, essor du Crémant à l’export et recherche de nouveaux consommateurs, la Bourgogne découvre que sa réputation ne suffit plus à la tenir à l’écart.

Le goût d’un monde qui disparaît — ce que le réchauffement fait aux vins français

Le réchauffement climatique ne menace pas seulement les rendements du vignoble français — il remet en cause l’identité même de ses vins, verre après verre, millésime après millésime. Entre 1980 et 2020, le degré moyen des vins français est passé de 11,5 % à près de 13 %, tandis que l’acidité s’effondrait. Région par région — Alsace, Champagne, Bourgogne, Bordeaux, vallée du Rhône, Loire, Jura, Languedoc, Sud-Ouest — le profil organoleptique des vins se déplace : du fruit frais vers le fruit confit, de la tension vers la rondeur, de la garde vers la consommation rapide. Les cahiers des charges des appellations, rédigés dans un autre contexte climatique, encodent une typicité que la nature ne produit plus tout à fait. Le cas Gevrey-Chambertin cristallise la question : un vin peut respecter scrupuleusement son cahier des charges et ne plus ressembler à ce que le texte décrit. Face à cela, les VIFA, la redélimitation des aires et l’introduction de nouveaux cépages dessinent une adaptation silencieuse dont les conséquences organoleptiques se feront sentir dans vingt ans. Ce dossier sourcé — INRAE, LACCAVE, Nature Climate Change, BIVB, INAO — explore ce que le réchauffement fait déjà au goût des vins français, ce que la filière entreprend pour y répondre, et ce que le mot terroir voudra dire en 2050.

La Bourgogne à la corbeille ? Investisseurs financiers et domaines familiaux : l’heure de vérité

La Bourgogne viticole traverse une transformation silencieuse mais profonde : les investisseurs financiers — fonds patrimoniaux, groupes de luxe, family offices — entrent sur le foncier de la Côte d’Or à des niveaux de prix que nulle rentabilité agricole ne justifie. Entre les 101 millions d’euros du Clos des Lambrays acquis par LVMH, les 250 millions du Clos de Tart passé dans le portefeuille Artémis-Pinault, et les 15,5 millions d’un hectare d’Aloxe-Corton revendu en 2025, une question s’impose : la prochaine génération de vignerons pourra-t-elle encore s’installer et transmettre comme des propriétaires — ou sera-t-elle réduite à exploiter sous bail des terres appartenant à des structures indifférentes au vin ? Une analyse documentée, qui ne cède ni à l’indignation de principe ni aux dénégations intéressées.

Les vertus de la fondue vigneronne

Une terrasse ombrée à Beaune, une bise légère après trente-cinq degrés, deux fondues face à face — la bourguignonne et la vigneronne — et un Hautes-Côtes de Nuits pour les départager. Chronique d’un soir de mai où le vin et la viande ont trouvé leur accord naturel.

Domaine Sainte-Madeleine, la saveur du vézelay

, une petite AOC, ou AOP, selon les dénominations retenues, vézelay est également un vin de Bourgogne dans l’air chablisienne. Souvent tendu et sec, le vézelay n’a pas la réputation de son proche aîné minéral, le chablis qui a envahi tous les restaurants de l’hexagone. Et, pour être honnête, on pourrait dire du vézelay, qu’il est un petit vin sec parfois bien fruité, précurseur des saveurs chablisiennes. Un chardonnay plaisant à boire et, pour bien des cuvées, nous pourrions en rester là avec tout l’agrément que ce type de vin peut procurer, servi frais.

A la découverte du Viré-Clessé, focus sur le domaine Michel

Viré-clessé, vous connaissez ? Difficile de bien se situer depuis que le mâconnais a réorganisé et renommé ses appellations. Mâcon village réparti en mâcon-viré et mâcon-clessé, c’est en 1998/99 que la proximité de ces terroirs, de ces villages et de leurs vins a conduit à les réunir en une même AOC, désormais AOP, viré-clessé. Il s’agit donc bien d’un mâcon village blanc, situé entre Tournus et Mâcon. C’est une appellation bourgogne village, une des 84 AOC que comporte la Bourgogne