Sur les douze mois arrêtés à fin juillet 2026, les ventes de vins rouges de Bourgogne reculent de 4,9 % quand celles des blancs gagnent 0,4 % et celles du Crémant 6,5 %. Le Comité des vins de Bourgogne l’a reconnu à Beaune le 23 septembre, et le repli touche jusqu’aux grands crus de Côte-d’Or, dont les ventes baissent d’environ 12 % toutes couleurs confondues. Entre petites récoltes, pouvoir d’achat contraint, essor du Crémant à l’export et recherche de nouveaux consommateurs, la Bourgogne découvre que sa réputation ne suffit plus à la tenir à l’écart.
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La Bourgogne à la corbeille ? Investisseurs financiers et domaines familiaux : l’heure de vérité
La Bourgogne viticole traverse une transformation silencieuse mais profonde : les investisseurs financiers — fonds patrimoniaux, groupes de luxe, family offices — entrent sur le foncier de la Côte d’Or à des niveaux de prix que nulle rentabilité agricole ne justifie. Entre les 101 millions d’euros du Clos des Lambrays acquis par LVMH, les 250 millions du Clos de Tart passé dans le portefeuille Artémis-Pinault, et les 15,5 millions d’un hectare d’Aloxe-Corton revendu en 2025, une question s’impose : la prochaine génération de vignerons pourra-t-elle encore s’installer et transmettre comme des propriétaires — ou sera-t-elle réduite à exploiter sous bail des terres appartenant à des structures indifférentes au vin ? Une analyse documentée, qui ne cède ni à l’indignation de principe ni aux dénégations intéressées.