Et si on arrêtait de faire semblant ?
Combien de fois ai-je vu, en salle, des gestes répétés sans y croire ?
Des mots lancés comme on lance une incantation, sans savoir ce qu’ils recouvrent vraiment.
« Robe rubis », « arômes tertiaires », « attaque franche ».
Un vocabulaire de prêt-à-parler, qui rassure — mais ne dit plus rien.
Le vin est devenu un discours.
Et ce discours est souvent vide.
Je ne dis pas qu’il faut tout jeter. Je dis qu’il faut réancrer.
Redonner du poids, du goût, de la justesse.
Dire moins. Dire mieux.
Dire surtout ce que l’on ressent, ce que l’on perçoit, ce que l’on peut transmettre à celui qui goûte.
Le vin, ce n’est pas une carte d’identité.
C’est une rencontre.
Et comme toute rencontre, elle échappe parfois aux mots.
Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas parler.
Cela veut dire qu’il faut choisir comment.
Cet extrait est tiré de mon livre
Le vin à la bouche
Un texte né du service, du métier, du goût de transmettre.