Vous avez dit…démocratiser la gastronomie ?

Une version de la gastronomie pour tous ?

En discutant avec un ami journaliste culturel qui me parlait de « démocratiser la culture  » , je me suis demandé ce que cela pourrait vouloir dire si nous l’appliquions à la gastronomie.

On peut entendre démocratiser en deux sens. Tirer vers le bas et baisser prix et qualité, mais parlons-nous encore de gastronomie ? Ou bien ouvrir l’accès au plus grand nombre à la gastronomie authentique et véritable.

Le problème c’est que l’Etat subventionne la culture mais pas les restaurants. Cela étant… la gastronomie, patrimoine national s’il en est, pourrait bénéficier d’une place dans un pass culture. Cela aurait le mérite de donner accès à la gastronomie même si ce n’est que ponctuellement. Cela aurait aussi le mérite de montrer que la gastronomie n’est pas si inaccessible.

En effet, une idée reçue, bien ancrée, veut que les belles tables, raffinées et bien tenues sont plus chères. En réalité de très nombreuses ( et j’insiste sur la proportion importante) tables gastronomiques, ou simplement traditionnelles, coûtent moins cher que bien des bouibouis infects. D’excellents restaurants proposent des menus trois services autour de 24euros. Mais l’aspect extérieur bien léché laisse croire que c’est cher. Et dans le contexte actuel, bien des tables pâtissent de cette réputation, simplement parce qu’elles ont du goût et du professionnalisme.

C’est une réalité que je constate comme critique et comme consultant. Il y a de gros efforts de communication et d’apprivoisement à faire de la part de ces tables « qui font peur ». C’est une stratégie que je mets en place systématiquement dans les audits qui accompagnent ces maisons. Alors parler démocratisation, me semble, dans un premier temps, signifier communication et éducation des mentalités.

Alors l’idée d’un pass n’est pas, finalement, saugrenue. Illustration @restaurant_les_nympheas

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