
Où que l’on aille en France, le christianisme n’est décidément pas loin de nos bouteilles ! Vin des moines en Bourgogne, Don Pérignon en Champagne ou encore parcours des pèlerins de Saint-Jacques, comme ici aux abords de Cahors, où, éreintés et affamés par une journée de marche, les pèlerins de Compostelle de l’époque (et probablement d’aujourd’hui encore), s’exclamaient, « vivement qu’on mange » ou en langage plus élégant, « il me tarde de diner », autrement dit « Me trigo de dina », laissant son nom à cette ancestrale escale, devenue depuis 1830 un des plus fameux domaines de Cahors, le clos Triguedina.
Un terroir de traditions et valeurs
La gamme des vins est variée en style, comme en couleur, les terroirs les mieux exposés, aux sols les plus riches de l’appellation, s’égrainent en plusieurs terrasses et Jean-Luc Baldès, marié à une bourguignonne, cultive de plus en plus l’esprit parcellaire. Mais le vin, aujourd’hui, c’est aussi une philosophie qui guide un savoir-faire. Celle de cette famille de vignerons puise ses racines dans la terre même. Seul un bon sol fait de bons raisins qui seuls donneront de bons vins. Le respect du sol, en même temps qu’une haute valeur environnementale, est un respect du vin, du travail du vigneron et du plaisir du consommateur.
Clos Triguedina 2018 – du fruit, de la puissance qui ne demandent qu’à mûrir encore
Si l’on peut trouver les meilleures bouteilles de la maison dans les grands restaurants ou dans les caves des palais de la République, nous avons voulu goûter pour vous la cuvée la plus traditionnelle de la maison, le clos Triguedina dans son millésime 2018.
Jeune, il demande une bonne aération pour lui permettre de s’ouvrir et d’assouplir des tannins aussi présents que peut le laisser attendre un 80% de Malbec. Présents, mais après deux puis 4 heures d’ouverture, leur astringence, déjà assouplie par le chêne, diminue nettement. Alors, le cassis bien mûr s’étire et s’installe au nez comme en bouche, avec une très belle constance. Le nez charpenté n’est pas déçu par la bouche dont la jeunesse laisse une vivacité fraîche qui perle en petits fruits rouges.
Si certains peuvent le trouver agréable ainsi dans sa jeunesse et avec une nette aération, les tannins, comme les fruits noirs, gagneront assurément à vieillir. Le disque bien vif, le tanin, comme l’acidité présente en bouche lui assure une belle garde, d’autant que les 12 mois en fût de chêne lui insufflent déjà quelques évanescences de l’âge, un peu de sous-bois et de cuir fugaces.
Du Sud-ouest dans l’assiette